Spectacle genre : pièce chorégraphie 

Intitulé : HAYET … trilogie
D’après la trilogie d’ Ahlem MOSTEGHANEMI
Adaptation : Farid DAUIDI
Conception et Réalisation : RIDA BELGHIAT
Communication et relation : Feth el-Nour BENBRAHIM
Le cadre : Alger, Capitale de la culture arabe 2007-
Production : Département Musique et Chorégraphie et
La compagnie « Cie troisième voie »
Durée de montage : 90 jours
Nombre d’artiste : 13 interprètes
Durée de spectacle : 1h 20
Date de représentation : septembre 2007
Ahlam Mosteghanemi. Romancière
«Je suis l’écrivain du désir et non pas du plaisir…»
«Je suis l’écrivain du désir et non pas du plaisir…»
Dhakirat el-djassed (Mémoires de la chair)
Fawdha el-Hawasse (Le chaos des sens)
Aber Sarir (passager du lit)
Extrait
Elles étaient les reines de l'ennui, souveraines de demeures splendides, maîtresses de maison raffinées, femmes aux mensonges courtois, dont les boudoirs d'un froid glacé servaient d'écrins à leurs corps, et dont les somptueuses parures cachaient ce qu'aucun homme ne viendrait jamais aimer.
Moi j'étais née reine du tourment, prêtresse de la feuille blanche et des lits défaits, dont les rêves mijotaient à feu doux, dans le chaos des sens, dans les moments d'inspiration. Une femme dont le manteau était tissé de mots étroits qui collaient au corps, de phrases courtes qui atteignaient à peine le genou des questions. J'avais toujours été une enfant mince avec de grandes questions, entourée de femmes corpulentes pleines de réponses obèses.
Elles étaient restées poules, se couchaient tôt, caquetaient beaucoup et picoraient les miettes de virilité et les restes de festins d'amour qu'on leur servait au hasard. Fawdha el-Hawasse p. 107
Moi j'étais née reine du tourment, prêtresse de la feuille blanche et des lits défaits, dont les rêves mijotaient à feu doux, dans le chaos des sens, dans les moments d'inspiration. Une femme dont le manteau était tissé de mots étroits qui collaient au corps, de phrases courtes qui atteignaient à peine le genou des questions. J'avais toujours été une enfant mince avec de grandes questions, entourée de femmes corpulentes pleines de réponses obèses.
Elles étaient restées poules, se couchaient tôt, caquetaient beaucoup et picoraient les miettes de virilité et les restes de festins d'amour qu'on leur servait au hasard. Fawdha el-Hawasse p. 107
Extrait
«Cette jeunesse que tu as chantée ne guette plus le matin car ceux qui ont mis la main sur le pays ont également réquisitionné le soleil. La jeunesse guette les bateaux et les avions. Elle ne pense qu'à fuir. Devant chaque consulat étranger s'étirent les queues de nos morts, quémandant un visa de vie hors du pays.
La roue a tourné, on a interverti les rôles. C'est la France maintenant qui nous refuse. Réclamer un visa est devenu "demander l'impossible"!
Nous ne sommes pas morts d'oppression... Seule l'humiliation tue un peuple.
A une époque, nous répétions cet hymne dans les prisons de Constantine. Il suffisait qu'une voix s'échappe d'une cellule pour que toute la prison le reprenne. Pourtant nous n'étions pas tous des prisonniers politiques. Cet hymne avait la capacité de nous unir, de nous faire découvrir, comme par hasard, que nous avions une seule voix. Nous étions un peuple uni, les murs tremblaient sous notre voix avant que nos corps ne tremblent sous la torture.
Nos gorges se sont-elles enrouées... ou est-ce parce qu'une voix domine, après que le pays est devenu la propriété de quelques-uns d'entre nous ?»
Aber Sarir (p. 267 et 268)
La roue a tourné, on a interverti les rôles. C'est la France maintenant qui nous refuse. Réclamer un visa est devenu "demander l'impossible"!
Nous ne sommes pas morts d'oppression... Seule l'humiliation tue un peuple.
A une époque, nous répétions cet hymne dans les prisons de Constantine. Il suffisait qu'une voix s'échappe d'une cellule pour que toute la prison le reprenne. Pourtant nous n'étions pas tous des prisonniers politiques. Cet hymne avait la capacité de nous unir, de nous faire découvrir, comme par hasard, que nous avions une seule voix. Nous étions un peuple uni, les murs tremblaient sous notre voix avant que nos corps ne tremblent sous la torture.
Nos gorges se sont-elles enrouées... ou est-ce parce qu'une voix domine, après que le pays est devenu la propriété de quelques-uns d'entre nous ?»
Aber Sarir (p. 267 et 268)
Commentaires
Pas de commentaire pour cet article
Ajouter un commentaire



